NAVARRA                                                                                               20 & 21 MAI 2017   

Heurs et malheurs en Navarre

Seuls Stanis et Hubert, assistés de Philippe, représentaient le Team Seventy’s pour la troisième épreuve du Championnat de France VMA organisée sur le circuit de Navarra, de l’autre côté des Pyrénées. Ils nous font part de leurs satisfactions et nous narrent leurs mésaventures ibères…

Le VMA de France et de Navarre

Ce très beau et récent circuit situé au milieu du territoire de Navarre est une destination où Stan et moi aimons nous rendre même si ce n’est pas la porte à coté (1100 km aller) pour les Haut Savoyards.

Et comme je ne possède plus mon gros 4x4 teuton pour tracter la remorque d’une tonne, Philippe s’est gentiment proposé de prendre sa KIA dont les 130 cv ont été positivement à la peine, avec une vitesse maxi autorisée par son proprio à son copain et à son fils, de l’ordre de 120 km/h…

Le voyage, avec un départ à sept heures du matin se déroula plutôt bien, malgré une  remorque qui freinait mal, mais qui, après intervention de Stan, freinait trop, d’où une forte odeur de cramé lors de chaque arrêt !  

 

La route du retour ne fut pas moins longue, malgré le débriefing de toutes les aventures du weekend et de certains moments forts comme quand, le dimanche midi au resto du circuit, Espagnols et Français ont pu suivre côte à côte et en direct le GP du Mans ou Vinales et Zarco s’arsouillaient… avec le résultat que l’on sait.

 

Quant à l’intendance sur place, elle se réduisit à sa plus simple expression, avec trois pauvre mecs seuls au monde qui avaient décidé initialement de tout acheter sur place et de faire la tambouille dans le paddock et qui, finalement se retrouvèrent au resto du circuit et également au village où ils logeaient, avec au menu d’excellentes tapas et une sangria maison… Il fallait bien faire honneur aux spécialités régionales !

Non content d’être un beau circuit, Navarra dispose d’une excellente organisation, avec quatre séances d’essais libres, deux séries qualificatives, un warm up entre les deux courses, pas d’attente en pré grille, le numéro du pilote affiché sur la grille de départ, la fin des courses le dimanche midi…… bref, un exemple dont les organisateurs Français devraient bien s’inspirer !

categorie  OPEN EVOLUTION 600 

Hubert Houssin / Kawa ZXR 400/6R  numéro 57 / Open Evolution 600

J’aime Navarra mais Navarra ne veut pas de moi…

Il y a 2 ans, j’avais gagné la première course avec ma 500 H1 mais au moment de prendre le départ de la seconde, j’avais découvert un pneu crevé ce qui m’avait contraint à prendre en catastrophe ma 400 Kawa avec laquelle, bien entendu, j’avais terminé dans les choux. L’année passée, j’avais explosé le moteur de mon ZXR 400 aux essais avant de m’apercevoir que le bloc monté en remplacement ne fonctionnait pas...

Cette année, avec mon ZXR 400/6R, je pensais que la malchance m’avait abandonné... Après Alès, j’avais ouvert mon moteur pour revoir une boite de vitesse récalcitrante et un bref essai à basse vitesse sur 1 kilomètre de route, m’avait laissé supposer que tout était redevenu normal, aussi je partais confiant pour Navarra. Malheureusement dés la première séance d’essai, j’ai pu constater que le problème n’était pas résolu à haut régime, celui où se trouvent les chevaux. Au rétrogradage en 3ème/2ème, c’est le flou total, suis-je en 3, en 2, au point mort ?

Pour ajouter à mon désarroi, le bruit de pignons et crabots qui battent la chamade dans les carters m’ont convaincu de jeter l’éponge, peu désireux de risquer de faire des « tout droit », ou encore de subir une vitesse qui raccroche au mauvais moment, voire, plus grave, un pignon qui explose ! Et comme au bout de la droite des stands  on arrive à environ 220 km/h, avant un gros freinage puis une courbe à droite en seconde, il n’était pas question d’avoir des doutes sur la boite de vitesse.

C’était plié, je ne participerai qu’aux essais en ménageant ma boite, constatant au passage que le 600 envoyait velu… Par contre, au rétrogradage, panique à bord !

 

Troisième séance d’essai : je quitte les stands et m’accroche à la roue d’une Honda blanche alors que Stan me suce la roue. Au 4ème virage, changement d’angle et accélération en courbe, puis stupéfaction, la roue arrière se dérobe et me voilà au ras des pâquerettes après un élégant roulé boulé. Je me relève, cherche ma moto, elle est de l’autre coté de la piste vautrée sur le bitume. Stan me regarde inquiet. Je n’ai rien compris ! Pneu trop froid ? Essence restée sur le carter moteur après un démontage de la rampe de carbu et qui se serait répandue sur le pneu ? Au final, un levier cassé, quelques éraflures sur la moto et une combinaison trouée au cul ! C’est indéniable, j’aime Navarra mais Navarra ne m’aime pas.

Après les trois séances d’essais libres, je décide de participer aux deux séances qualif et au warm up en ménageant ma boite, afin de jauger le comportement et la puissance de mon ZXR, et puis, tous ces kilomètres pour rien… Certes, je ne serais pas monté sur le podium, mais j’avais possibilité de bien me placer.  Est-ce que je retournerai à Navarra l’année prochaine pour vaincre la malédiction ? L’avenir le dira !

Stanis Regnier / Yamaha FZR 600 numéro 18 / Open Evolution 600

Viva Espana !

 

Nous arrivons jeudi soir sur le site du circuit, au milieu de nulle part, passablement décalqués, après une route longuette, c’est le moins qu’on puisse dire… Rapide déballage et nous filons vers l’Appart Hôtel où nous avons établi nos pénates.

Vendredi matin, on sort les canassons et après les habituels bricolages de dernière minute, Hub et moi décidons de prendre trois sessions d’essais libres afin

de valider nos réglages et de bien nous remettre le circuit en tête.

Bien que je n’aie pas roulé depuis un moment, toutes les sessions se passent bien et je me sens comme chez moi sur ma Yam, à tel point que je lâche la cavalerie dès le début de la première séance d’essai, prenant confiance au fil des tours.

J’ai aussi le plaisir de constater que les nouvelles prises d’air d’admission permettent au quatre cylindres de s’exprimer totalement.

Après quelques réglages carbu, Phil et moi décidons de tester une dent de moins au pignon de sortie de boite, une option qui s’avère positive.

Qualifs du samedi…

La bonne organisation du circuit fait qu'il y a peu d’attente en pré-grille. Après quelques tours, pensant avoir réalisé un bon chrono, je décide de quitter la piste.

Les chronos sont (très rapidement) affichés, je suis quatrième temps avec un chrono de 1 minute 59,  dans un mouchoir de poche avec le 3ème, "Petit Jeremy" et  sa CBR 600.

Mon objectif est clair : effacer la demi-seconde qui nous sépare lors de la seconde séance qualificative. D’emblée, je hausse le ton, je me sens de mieux en mieux et cela se confirme lorsque le chrono annonce 1 minute 57 ! Me voilà trois, sur la 5ème ligne.

19h25 : première course.

Passablement stressé, j’effectue néanmoins un bon départ et je mène ma course tiré par un 900 CBR, loin devant. Je conserve ainsi « ma » 3ème place avec une confortable avance sur mon concurrent direct. On fêtera ça ce soir en dégustant une bonne sangria ! Ca commence plutôt bien, pour ma seconde sortie de l’année avec la 600…

Dimanche

Le petit warm up de 10 minutes organisé avant la course me permet de me mettre en jambe. Voilà une initiative qu’elle est bonne !

Mais devinez qui vient me titiller ? Mon Petit Jeremy avec son CBR qui respire beaucoup mieux que la veille. Je le sens chaud comme la braise et prêt à me disputer la troisième marche, ça promet, d’autant qu’il m’avoue avoir gagné dix bornes en vitesse de pointe !

Seconde manche

Avant l’extinction des feux rouges, je tente de décompresser tant bien que mal et quand ils s’éteignent, je cabre la Yam ! Je dois rendre la main pour ne pas mettre la cabane sur le chien et voit s’échapper la CBR tant redoutée. Pour un départ foireux, c’est un départ foireux !

Je m’efforce de hausser le ton, mais des 750 et autres 900 se sont intercalées, me gênant dans le sinueux et me déposant en accélération. Grrrrrr !

Je décide alors au 3ème tour de retarder mon freinage au bout de la grande ligne droite afin de tenter de m’en débarrasser. Effectivement je passe devant… mais tire tout droit !

L’écart entre Jérémy et moi se creuse à tel point que je le distingue à peine au loin.

Je décide alors de passer en mode fast and furious, repoussant mes limites en effectuant des freinages plus violents et tardifs et en accélérant le rythme en sortie de courbes.

La moto godille à la ré-accélération mais me sens bien dans mes bottes et remonte fort sur mon concurrent, une chose que mon père, les dents plantées dans la rambarde de la tour pensait impossible compte-tenu du retard accusé dès le départ avec la CBR.

A cinq tours de la fin de course, je suis dans sa roue à l’entrée de la ligne droite. Je lui fais l’aspi et le déboite en bout de ligne droite, me retrouvant cote à cote avec lui. Un regard mutuel est échangé, je sais que le dernier qui freinera aura raison de l’autre !

Je le déborde sans trop de difficultés, nous remontons sur des retardataires mais je parviens à me faufiler sans perdre de temps et sans ralentir la cadence! Je m’efforce de le tenir hors de portée, me permettant même d’accumuler une petite avance et de passer le drapeau à damiers devant lui!

Et quand, à la fin de la course, nous nous félicitons mutuellement, il m’annonce : bravo pour ta deuxième place !

Comment ça deuxième ? Oui, tu es deux et je suis trois, le deuxième est tombé en fin de course !

Je n’y crois pas, c’est trop top, au cumul des deux courses, je suis second, quel weekend fantastique, me voilà gonflé à bloc pour la suite !

Rendez vous à Carole…

Concept: et réalisation: Hubert HOUSSIN    

Textes: Patrick TRAN-DUC

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