NOGARO Paul Armagnac                                                                              11 septembre   

CHAMPION de FRANCE 2016

VMA CLASSIC 350

La der de der…

Copyright 2014 - Editions Glénat / Vents d'Ouest -les sportives cultes de Bar2 et Fane

Le circuit Paul Armagnac, à Nogaro, dans le Gers, marquait le dernier rendez-vous de l’année pour les pensionnaires du Team Seventy’s dont les effectifs étaient amputés d’un élément de qualité, Stanis Régnier victime de problèmes de dos.

Comme d’habitude, les prestations des cinq pilotes restant en lice ont été émaillées d’incidents divers : casses mécaniques pour Bob, Philippe et Hubert, moteur calé au départ pour Ludo et, une fois n’est pas coutume, chute pour Patrick, percuté par un autre concurrent.

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Patrick Tran-Duc / 350 Kawasaki S2 N°95 / Classic 350

 

La manche de trop…

 

Encore un circuit que je ne connais pas, très technique de surcroit (c’est mon avis) et dont l’interminable ligne droite longeant la piste d’aviation m’effraie un peu.

La dernière fois que j’ai roulé à Nogaro en solo, c’était en 1977 ou 78 lors d’un Tour de France Moto, alors autant dire que mes souvenirs sont un tantinet rances, d’autant que la piste a été modifiée depuis et ce ne sont pas les quelques tours comme passager de Side-car, bouclés le pif dans le gazon en 2014, qui m’auront été d’une quelconque utilité…

L’installation dans le paddock s’avère beaucoup plus détendue que dans la Nièvre, nous disposons d’autant de place que nous le souhaitons, un élément positif pour une vie en groupe harmonieuse… d’autant que Mariette et Pat ont mis les petits plats dans les grands : la salade périgourdine au foie gras de Mariette est une tuerie qui efface mon pauvre poulet au paprika pourtant amoureusement mijoté…

 

Comme d’habitude, mes essais chrono s’avèrent peu glorieux, avec un 2.03.9 qui me place certes devant Olivier Bassignani, mais très loin de Bob, King of Qualifs et près de 4 secondes derrière Eric Devillard.

Première manche et très bon départ, je file devant Olivier tandis que Bob et Devil s’esbignent, je suis troisième, ca baigne.

Au fil des tours le peloton s’effiloche, j’ai en ligne de mire les dosserets de la Ossa de Laurent Guerry et de la Trident de Michel Hourdebaigt, un Michel que je retrouve dans le VMA Circus avec un immense plaisir. Avec son petit moulin 4 transferts ibérique de 35 bourrins, Laurent roule le feu de dieu et je peine à suivre son rythme. D’ailleurs, je n’y parviendrai pas, ayant failli par deux fois remporter le Trophée Rustica (détenu provisoirement par cousin Hub) en allant jardiner dans l’Escargot...

A un tour de la fin de course, une moto rouge me réveille en me passant en trombe, c’est Olivier qui, profitant de mon assoupissement passager, s’est sournoisement rapproché au fil des tours.

Je le passe au moteur dans la ligne droite (je sais, c’est pas glorieux, mais tous les moyens sont bons pour taxer les copains) et boucle les derniers virages devant lui jusqu’à l’arrivée. C’est tout bon, je suis troisième, le titre 350 Classic est pour ma pomme !

Bien plus détendu du gland avant le départ de la seconde course, programmée à presque 16 heures le lendemain, je décide de ne rien changer à mon semblant de stratégie.

Troisième derrière Bob et Eric, tous deux hors de portée, ça m’irait bien. Petit problème, il fait une chaleur à crever la bouche ouverte et comme j’ai eu la flemme de changer mes trois gicleurs, ma S2 peine à suivre la Honda d’Olivier. Alors que je roulais en 1.58 et des poussières la veille, me voilà en plus de 2.03.

Bah, quatre ça ira bien aussi.

Panneau deux tours, accroche-toi Jeannot, c’est bientôt le terme d’une saison sans la moindre anicroche (merci encore, Guillaume FGMS), pense-je dans ma Ford intérieure…

Tiens, Bernard Tabarly vient de me passer avec sa Yellowperil, je n’ai donc plus qu’un tour à boucler.

C’est propre, net et sans bavure, c’est à peine si je sens le courant d’air provoqué par la grosse Norton jaune qui, pour une fois, n’a pas trahi son pilote, un gars dont tout le monde regrette l’absence au sein du VMA, tant sa gentillesse et sa bonne humeur sont réjouissantes et communicatives.

Je sais que Christopher Turner ne devrait pas tarder à se pointer, dans une quinzaine de secondes tout au plus. Un commissaire agite avec vigueur son drapeau bleu alors que je m’apprête à négocier Caupenne, la grande courbe à droite qui précède le redouté Escargot. Je pousse la bonté d’âme jusqu’à serrer au maximum l’extérieur de la courbe afin de ne pas gêner (première erreur) et je lève le bras pour signaler que je sais qu’il est là (seconde erreur)…

J’ai à peine le temps de voir la Drixton jaune de Nicolas Gustin (qui sera le seul des deux à venir plus tard s’inquiéter de ma santé) passer à ma droite, propre, sur la trajectoire normale, qu’un énorme choc me fait perdre tout contact avec le monde qui m’entoure. Turner, en bagarre avec Nicolas a voulu passer à l’extérieur, entre moi et le gazon et comme il n’y a pas la place, il a percuté le bout de mon guidon avec son bide, m’envoyant au tapis.

Le temps de reprendre mes esprits, les commissaires (très efficaces et rapides) commencent à dégager ma pauvre S2 qui a l’air bien fripée, elle qui a si rarement vu le bitume autrement que sur ses roues, alors que je ramasse péniblement mes billes. Les commissaires m’engueulent gentiment quand je vais récupérer sur la piste, en pleine trajectoire, mon levier d’embrayage, alors que les fous furieux me passent au ras des moustaches.

La saison est finie, et de la plus tarte et la plus désolante des façons, je ne pense même plus à mon titre d’épicier, c’était la manche de trop !

Voilà, la saison est terminée, chacun s’interroge sur ce que sera son avenir de sportif de haut niveau, Ludo nous trahit pour les trucs à quatre roues (mais il conserve sa Seeley, rien n’est perdu) on en parlera au Salon Moto Légende, en novembre, autour d’une bouteille de mousseux tiède !

Bruno Stahl / 350 Kawasaki S2 N°70 / Classic 350

 

Une manche sur deux …le résumé de ma saison !

 

Loin de ma Normandie pour la der, cap sur Nogaro et de nouveau quatre Blablacar pour me tenir compagnie et participer au financement de ce déplacement de 1700 kilomètres aller-retour !

Jeudi soir installation tranquille dans le paddock, vaste et bien agencé.

Vendredi, deux petites séances pour roder un peu les pièces neuves (comme d’habitude…), se remémorer le tracé et constater que ce petit moteur affuté pourrait emmener encore une démultiplication un peu plus longue…dont je ne dispose pas !

Samedi 8h, essai qualif…c’est très tôt mais j’aime bien et malgré que ma moto soit la plus petite cylindrée des 40 en lice, je pars au taquet et constate sur la grande tour d’affichage de la ligne droite que j’ai le 5éme temps scratch après un tour ! Évidemment ne dure pas mais c’est plaisant tout de même.

J’obtiendrai finalement le 21ème temps scratch, le 16ème en Classic et le 1er en 350cc, 2 dixièmes devant la Honda Drixton d’Eric.

Première course samedi après-midi, je réalise un bon départ comme toujours et signe le meilleur chrono au 2ème tour en 1:57.7 histoire de prendre un peu d’avance.

Le circuit est vraiment très rapide et les 500 que j’avais devancées me reprennent du terrain au fil des tours comme celle Ludo qui avait calé au départ et qui doublera 27 motos !!

Je scrute le décompte des tours et commence à croire en ma victoire car je n’aperçois pas Éric en regardant derrière moi à l’épingle. Je passe la ligne premier 350 sous le panneau zéro, coupe les gaz et laisse éclater ma joie, salue les commissaires…Quand Bernard Tabarly qui me rejoint avec sa grosse Norton me fait signe d’accélérer ! Il allait me prendre un tour mais comme il ne m’a pas doublé avant la ligne, il me reste donc un tour à boucler. Oups, Merci Bernard !

Heureusement, j’ai vraiment fait le trou avec les autres 350, ce qui me permet de conserver ma place et de gagner ma classe, une victoire que je dédie à Valérie, cinq ans déjà… Je suis plus qu’ému, trop de choses qui se bousculent dans ma tête, mais aussi très heureux, ma S2 Super avait la grande forme. De retour au parc, je savoure une bière bien méritée avec les amis, il fait super chaud mais je suis heureux.

La seconde course est programmée dimanche après-midi, même départ que la veille mais à la fin du 2ème tour, à ma grande surprise, Éric me dépasse, il est d’entrée dans le rythme et je décide de rester dans sa roue. Je verrai dans les deux derniers tours si je peux le doubler et de toute façon même en restant à dix secondes de lui je gagne encore au cumul des 2 manches !

Enfin ça, c’est sans compter qu’en sport mécanique rien n’est jamais gagné et que ma moto n’est pas très fiable. A l’entame du 4ème tour, elle coupe brusquement et la roue arrière se bloque au bout de la longue ligne droite. Je réussis à ne pas chuter en tirant tout droit dans l’herbe…C’est l’abandon et une nouvelle déception.

Après démontage, je constate que le cylindre central a chauffé anormalement, le piston a perdu de l’alu au niveau de la calotte, un gros trou s’est formé au centre et le moteur a fini par serrer.

Le segment est tordu à l’équerre, des morceaux d’alu sont tombés dans le bas moteur… bref encore de la mécanique, c’est la cata !

Eh oui ! Cette année j’aurais pu être champion de France …des essais ! Sur un tour j’étais redoutable, mais le number one, c’est Patrick qui a réuni vitesse, fiabilité et régularité et son titre est donc complètement mérité.

Il a été rapide toute la saison, sur le sec ou le mouillé…. Bravo Champion, pour ce second titre obtenu par le team après le mien en 2014 !

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Philippe Régnier / 350 Yamaha YR5  N°96 et kawasaki 350 S2 / classic 350

 

Etant certain de réaliser un bon résultat pour ma dernière course de la saison sur le circuit de Nogaro que j’affectionne pas particulièrement, c'est avec confiance que je me lance pour une série d'essais libres sous une chaleur accablante.

Le moteur fonctionne plutôt bien mais ne donne pas son maximum à plein régime sans doute à cause d'une carburation pas au top.

Mais dans Caupenne, le grand virage à droite après le bout droit des stands, le moteur freine brutalement sans bloquer la roue arrière.
Malheureusement, c'est à n’en pas douter le signe d'une belle amorce de serrage d'un piston.

Après démontage, c'est le cylindre de gauche qui a reçu !
Ponçage au 400 de la chemise du cylindre, nouveau piston et c'est reparti pour de nouvelles aventures.

 

Pour économiser le moteur lors des essais qualif, je décide de ne boucler que trois tours de circuit sans trop forcer la mécanique et surtout sans me soucier de mon chrono. L’essentiel est bien d’être au départ, on verra après…

 

Première course, je prends le départ de la dixième ligne. Mon objectif étant de terminer devant la Honda N°55 d’Olivier Bassignani.

Pendant la course, c'est la bataille ! Un coup à toi, un coup à moi, il me double dans la partie lente en sortie de virage avec un moteur 4 temps qui reprend mieux à bas régime, une autre fois c'est moi qui le déboîte au freinage en bout de ligne droite avec une moto plus rapide.

Dans ma tête, j’échafaude une stratégie de course : je décide pour les tours suivants de rester au contact avec lui et de porter une attaque dans les deux derniers tours.
Mais le moteur va en décider autrement en serrant à nouveau en bout de ligne droite alors que j'étais au cul de la Honda. Fin du programme !

 

Décidé à ne pas rouler le dimanche pour la seconde manche, c'est sous les sollicitations des membres du Team que je vais faire homologuer en dernière minute ma Kawa S2 que j'avais emportée dans mes bagages, au cas où...

Ce sera aussi l'occasion de vérifier mon nouveau frein avant Brembo en condition de course, autrement que dans ma rue !

Après quelques tours de piste, je me dois me résoudre à lâcher l'affaire sous peine de terminer ma course dans un bac à gravier après avoir  constaté que le nouveau frein avant ne fonctionne pas du tout.

Quand même un super week-end et de franches rigolades avec les copains, rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles aventures...

Ludovic Ingwiller / Seeley-Suzuki 500 N°114 / Classic 500


Ce n’est qu’un au revoir…


Ce n'est plus un secret pour personne, je vais m'éloigner un peu du VMA pour aller tenter ma chance sur 4 roues dès 2017.
C'est donc avec une pointe d'émotion que je suis arrivé sur le circuit vendredi midi. Comme toujours, Nogaro pour moi, c'est loin et je pose mes valises à midi, après huit heures de route, en pleine forme comme on l’imagine… 
Pour célébrer cette dernière comme il se doit, j’ai décidé de revenir à mes premières amours en Classic.

Je ne veux pas risquer de tomber avec la RS avant de la vendre et de toute façon, le podium en Evo n'est plus accessible, alors tant qu'a faire, je vais rouler avec mes copains, sans pression, juste pour le plaisir d'être tous ensemble.


La Seeley n'a pas démarré depuis un an... mais ça craque au premier coup de lanceur cette bête-là ! J'ai bien du mal à retrouver mes marques sur ce cheval sauvage qui ne pense qu'a dribbler et m'éjecter, mais quand on s'y prend avec douceur (et qu'on change le pneu arrière qui était al dente), on finit par sortir des temps à peu près corrects qui me placent 9ème sur la grille.
La bête est revêche et dure à traire, et l'embrayage qui colle quand il est trop sollicité me fait caler sur la grille du premier départ...

Poussé par un commissaire, je repars bon dernier, double le safety-car en bout de ligne droite puis 27 autres camarades de jeu sur les 12 tours de la course pour finir 13ème à l'arrivée. 
Seconde manche, je ne refais pas la même bourde et parviens à partir avec les autres et à finir 9ème. 
En conclusion, encore un beau week end ensoleillé, le "staff technique" était aux petits soins avec nous et le champagne a coulé à flot pour fêter comme il se doit le titre de notre superbe champion de France 350 Classic ! 
Je reviendrai ...

Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier. C'est facile.

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Hubert Houssin / Kawasaki ZXR 400 N°6 / Evolution

 

Seul en EVO !

Stan à déclaré forfait, Ludo a peur de casser son RS 250 avant la vente, je suis seul en EVO !

Nogaro ! C’est la dernière épreuve, alors, pourquoi est-ce que je ne m’inscrirais pas en catégorie Evo avec le ZXR et en Classic avec mon bon 500H1 qui n’a pas roulé depuis plus d’un an, je vous le demande un peu ?

Bien que ma dernière expérience à Nogaro se soit soldée par une chute en seconde course sans que j’en ai compris la cause, mon 500 H1 en porte toujours les stigmates. Les horaires de la qualif et des courses sont parfaits mais le hic est que la grille est pleine. Tant pis, j’apporte le H1, on verra vendredi matin si une place se libère avant les qualifs. Le vendredi, je débute par une séance d’essais libres avec le ZXR 400 qui n’a jamais roulé sur ce circuit.

L’après midi, c’est au tour de la petite vieille de prendre la piste.

20 ans d’écart cela se voit et se sent, quelle différence ! Deux tours de circuit plus tard, je suis dans le rythme de mes anciens adversaires, c’est comme le vélo, cela ne s’oublie pas ! Et quelques tours encore  plus tard, je suis dans le bain et me tire la bourre avec Bruno Rey comme lors des années passées. Ces vingt minutes de roulage m’ont véritablement enthousiasmé et surtout rassuré, malheureusement ou heureusement pour certains, personne ne manque à l’appel, pas de place sur la grille, je ne courrai donc pas en Classic!

Samedi matin, je saute sur le ZXR et les qualifs se terminent par une 8ème position sur la grille, 7ème en réalité car une TZ 350 ne faisant pas partie de notre catégorie est devant moi. La position est honorable mais devant moi, qu’est ce qu’ils vont vite les petits jeunes !

Samedi après midi, première course, je démarre du milieu de la 3ème ligne et comme à l’accoutumée je réalise un super départ qui me propulse au premier virage en seconde position derrière le leader Thomas Souques !

Mais comme on arrive très tôt dans ce virage surnommé « escargot » que je déteste, hyper lent et plus adapté à des courses de solex, qu’à la moto, je me fais vite déborder par la meute des jeunes. Les 4 premiers s’échappent et j’engage une passe d’armes avec Béranger Muller (encore un jeune) pour la 5ème place. Dernier tour, un 3ème comparse fait son apparition avec une Aprilia RS. Au bout de la grande droite je suis en tête mais je ne suis pas encore assez incisif sur le freinage, l’Aprilia freine plus tard, me fait l’intérieur, me touche et me renvoie façon billard à bandes sur Béranger Muller qui lui me faisait l’extérieur…

Je touche sa roue arrière et je tire tout droit, avant de repartir sans dégâts et de franchir la ligne d’arrivée à la 7ème place.

Ils ont le sang chaud, les jeunes, en Classic on a plus de retenue, l’âge, sans doute.

Ah les petits c… pas de respect pour les ainés, mais après tout si je suis en Evo c’est que j’aime ça !

 

Dimanche et une interminable attente sous le cagnard du parc gersois. La deuxième course est prévue à 18h40 et la moitié du paddock a foutu le camp.

A 18h25 je rejoins enfin sans grand enthousiasme la pré grille et stupéfait, je constate que je suis le dernier ou peut être avant dernier, une minute avant l’ouverture de la grille, ouf!

C’est sympa d’avancer les courses, mais comme on est prévenu, comme souvent, par le « téléphone arabe », cette modification de l’horaire n’est pas arrivée à mes oreilles ni à celles des amis qui doivent s’équiper en catastrophe !

J’effectue à nouveau un départ type « dragster » et je me retrouve encore second de Thomas Souques, mais pas longtemps, le soleil très bas dans le 2ème virage me gêne, me fait hésiter, l’Escargot arrive et je me fais passer par quatre gaillards, le couteau entre les dents.

Je suis 6ème au premier tour mais je ne parviens pas à adopter le rythme d’hier.

Double droit, je suis seul, j’attaque et mes deux roues glissent (mon pneu arrière est usé), je me fais une frayeur, je perds pied, je n’ai plus confiance, il est bientôt 19 heures, j’ai une heure pour tout remballer, deux heures de route ce soir, sept heures demain et surtout pas envie de finir la saison sur une chute … Bref je baisse les bras mais dernier tour, dans le même virage que lors de la première course, mon moteur commence à émettre un bruit bizarre, je coupe les gaz, c’est fini !

De retour au paddock les copains me conseillent gentiment de me mettre au dragster au regard de mes départs « boulet de canon », ils ont peut être raison … c’est de toute évidence mon point fort.

Bilan 2016 : c’était une année pour apprendre en Evolution, mais l’apprentissage est loin d’être terminé. Parfois de belles courses mais aussi des pannes, une casse moteur, des erreurs de pilotage m’ont relégué au milieu du classement. Les points positifs : je n’ai pas chuté et ma place se situait entre la 5ème et la 8ème position mais quant à aller rejoindre les quatre premiers, la mission était impossible : ils sont trop forts les jeunes !

Nous partons dès potron-minet, la tête un peu dans le gaz, en mettant le cap vers le sud-ouest, en route pour le dernier épisode Véhèmiste de l’année…

A partir d’Angoulême le mercure monte sans complexe à 40°C dans le Pigeot mazout.

Pépère, avec son moteur de moulin à café, bourré jusqu’à la gueule de tout notre barda et lesté de sa remorque chargée des deux Kawa, crache ses poumons dans les côtes. L’aiguille du radiateur se rapprochant parfois dangereusement de la zone rouge dans les grimpettes, Patrick nous remet un petit coup de chauffage à fond pour équilibrer les niveaux !

Les pieds nus sur le tableau de bord je passe tout juste à côté de la phlébite et quand nous arrivons enfin au paddock du circuit Paul Armagnac, nous sommes fourbus mais contents d’être là.

Nous disposons largement d’espace pour nous étaler en attendant l’arrivée du reste de la bande et comme nous sommes les premiers, nous balisons généreusement le paddock avec tout ce qui nous tombe sous la main.

André Diviès, le maître des lieux, tourne en scoot’ pour vérifier que chacun respecte les emplacements réglementaires dont le balisage est, comme à Magny-Cours, largement sujet à interprétation et gare au téméraire qui dépasse la ligne de démarcation !

Le Gascon a le sang chaud et donne de la voix pour aligner celui qui ose dépasser les bornes, mais les habitués des circuits qui connaissent le bonhomme attendent que l’orage passe, peu pressés de bouger leur campement.

Patricia et moi avons décidé de nous surpasser pour régaler nos vaillants compétiteurs lors de cet ultime rendez-vous en leur proposant pour le dîner du vendredi des gambas sautées à l’indienne et le samedi une salade périgourdine. Pour les repas de midi un véritable buffet à volonté leur était proposé. Mais c’est quand même Patrick qui nous a tous bluffés d’entrée de jeu en ayant préparé un sublime poulet au paprika pour le dîner d’arrivée du jeudi.

Les quelques invités qui se sont joints à nous durant ces 4 jours n’ont rien renvoyé en cuisine !

Grosse panique au moment du briefing…Alors que les hommes sont tous partis assister à ce grand moment d’humanité, des trombes d’eau s’abattent sur le campement, inondant motos tripes à l’air et caisses à outils grandes ouvertes. Thomas Bilhaud, alerté par Patricia s’est alors démené afin de mettre au sec ce qui devait l’être. Merci à lui !

 

Je laisse de côté les (hauts) faits et gestes de nos pilotes émérites qui vous ont déjà tout raconté avec force détails, préférant évoquer celles qui au fil des six sessions du VMA sont présentes sur les paddocks aux côtés de leurs compagnons coureurs.

J’aime les retrouver toutes ces femmes ou amies de pilotes, échanger des sourires complices, partager des nouvelles fraîches, commenter ensemble les exploits ou les misères de ceux qui ont décidé de vivre leur passion en oubliant pour quelques heures tous les tracas du train-train quotidien, leur situation de famille, voir leur date de naissance…

Nous suivons avec bienveillance ces moments où tout devient essentiel pour les mecs : les centièmes de seconde gagnés au tour, nous étonnant parfois du fait que tourner à des vitesses peu recommandables pour la santé, pour gagner une breloque, devienne aussi vital pour eux, regarder avec inquiétude un ciel menaçant, pleuvra, pleuvra pas…être à leur côté en pré-grille le parapluie Intermarché déployé, telle une maman poule couvant son poussin, certes pas tout à fait en phase avec « l'umbrella girl » style MotoGP…

Nous ne sommes même plus étonnées de voir nos bonhommes sur leurs drôles de vieilles machines, si délicates et parfois si coûteuses, évoluer à des vitesses folles et si possible dans le même sens, sur une bande d’asphalte qui n’est même pas foutue de rester droite plus de quelques secondes et dont le taux d’humidité ou l’adhérence demeure aléatoire. Est-ce bien normal de les laisser ainsi s’arsouiller entre eux, pire même, de les encourager à ne pas se laisser faire par les copains ?

Bon plus question de copains, là, il n’y plus que des concurrents, voir des adversaires, quand le flag man s’écarte, ne rien céder… jusqu’au drapeau à damiers.

Finalement, la conviction qu’ils mettent à vivre leur passion nous passionne tout autant, et on se prend au jeu. Quand le feu rouge s’éteint sur le portique de départ, nos cœurs s’emballent au même rythme que leurs moteurs, les yeux rivés sur nos pilotes …heureuses s’il a fait un bon départ, et anxieuses si d’entrée de jeu il a raté une vitesse et que cinq lascars viennent de le déboiter.

La saison se termine, elles vont me manquer mes copines des paddocks !

Mariette

Les  potins  du  paddock

Copyright 2014 - Editions Glénat / Vents d'Ouest -les sportives cultes de Bar2 et Fane

FIN de la saison 2016

Concept: et réalisation: Hubert HOUSSIN    

Textes: Patrick TRAN-DUC

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